| Accueil | XML et Java | Photographie | Livres US | Logiciel libre | Consultance | Contact | |
Avec l'appareil photo numérique (APN) quand une photo est ratée, pas besoin de payer le développement : il suffit de l'effacer. Bien mais si trop de photos sont ratées, ce n'est pas moins frustrant.
Beaucoup d'utilisateurs d'APNs se plaignent de problèmes de couleur et, en particulier, d'une déviance des photos vers le rouge. A la fête d'anniversaire, les enfants semblent déguisés en peaux rouges et sur cette jolie photo à la piscine, votre tendre moitié ressemble à un homard !
Pourquoi et comment l'éviter ? Les réponses dans cet article.
Mise à jour : j'ai revisité ce sujet, en l'approfondissant dans mon podcast Declencheur.
En général, le problème est lié à la balance de blancs. Les photos prises au soleil, à l'extérieur, sont bonnes alors que les photos prises à l'intérieur (un anniversaire, par exemple) ou la nuit ont une dominante rouge, plus rarement verte ou bleue.
Techniquement le problème est lié à la nature des sources lumineuses utilisées. Pour faire simple une ampoule à incandescence (l'ampoule toute simple) donne une lumière plus rouge que le soleil.
En théorie, cela signifie que si vous regardiez une feuille de papier blanc à la lumière du soleil puis à la lumière d'une lampe de bureau, elle apparaîtrait rougeâtre dans le second cas. En pratique, notre cerveau fait un petit tour de passe-passe et la feuille nous apparaît blanche sous les deux éclairages.
L'appareil photo essaie de faire le même tour de passe-passe à l'aide de cette fameuse balance de blancs. Malheureusement, le processeur de l'appareil est moins efficace que le cerveau et les ratés se traduisent par une dominante de couleur indésirable sur les photos. Si la source lumineuse est plus rouge, la photo est rougeâtre.
Ainsi, si lors d'une fête vous prenez des photos éclairées par des ampoules à incandescence, l'appareil peut être trompé et risque de peindre tous les visages en rouge.
Par exemple, la photo de droite a été prise sous éclairage incandescent.
Comme vous pouvez le constater, l'appareil a été trompé et le résultat est
franchement rougeâtre.
Le phénomène n'est pas nouveau. Un appareil argentique y est sensible de la même façon. En pratique, les films sont adaptés à certaines sources lumineuses.
On vend ainsi des pélicules professionnelles adaptées aux éclairages artificiels ainsi que des filtres qui permettent de compenser la température d'un éclairage artificiel.
En photographie familiale, on utilise des films adaptés à la lumière du soleil, au flash et restant acceptables avec les principales sources lumineuses (sauf les tubes fluorescents). S'il reste une dominante, le laboratoire la compense (avec d'ailleurs plus ou moins de bonheur) au tirage.
Pour être complet, notons que le problème ne se pose qu'en photo couleur. Les pélicules
noir et blanc sont insensibles à la température de la lumière.
Fort heureusement, il existe une solution fort simple pour éviter la dominante. Il suffit que le cerveau humain assiste le cerveau électronique...
Pour mesurer la dominante d'une source lumineuse, on mesure la température de la lumière. Celle-ci s'exprime en degré kelvin (K).
Les températures les plus froides nous apparaissent avec une dominante rouge, les lumières les plus chaudes avec une dominante bleue. Notez que c'est exactement l'inverse de la décoration où l'ont dit des tons rouges qu'ils sont chauds et des tons bleus qu'ils sont froids !
A titre d'information, la température moyenne des principales sources lumineuses est:
Vous trouverez dans le commerce des systèmes d'éclairage dit "lumière du jour."
Cela signifie que leur température est similaire à celle du soleil.
Le problème, on l'a vu, vient de ce que l'appareil évalue incorrectement la température de certaines sources lumineuses. Les APNs vont surtout avoir des problèmes avec les sources froides comme l'halogène et les ampoules à incandescence.
Et pour éviter la dominante colorée ? Il suffit d'indiquer manuellement à l'appareil la température de la source lumineuse utilisée. Avec un APN cela se fait via le réglage de la balance de blancs.
La procédure exacte varie en fonction de votre appareil photo, consultez le manuel (inutile de m'écrire, je ne connais pas le fonctionnement de votre APN). Les grands principes sont :
Pour la photo en début de section à droite, j'ai réglé la balance des blancs manuellement.
Comme vous pouvez le constater, ce simple changement améliore considérablement la photo
et le respect des couleurs.
Faites attention en réglant la balance de blancs manuellement. Une erreur de réglage garantit une dominante désagréable. En particulier, il convient d'être prudent quand vous faites des photos à l'intérieur puis à l'extérieur. Il ne faudra pas oublier de modifier le réglage en sortant !
En cas de doute ou si vous prévoyez de changer souvent de source lumineuse, il vaut mieux laisser le réglage automatique.
La tendance, lorsqu'on découvre la balance de blancs, est de régler toutes les photos manuellement. C'est une mauvaise idée. En la matière il faut raison garder. Apprenez à reconnaître les sources lumineuses qui mettent votre APN en défaut. Ne corrigez que celles-là. Pour le reste, faites confiance à l'automatisme.
Par exemple, les Coolpix n'ont aucun problème avec la lumière du jour, y compris les ciels couverts, et il s'en sortent bien avec les tubes fluorescents. Aussi je n'utilise le réglage manuel de la balance de blancs que dans deux cas :
Dans tous les autres cas, l'effort n'en vaut pas la chandelle.
Mon APN s'en sort bien tout seul et le temps
passé à régler la balance de blancs peut faire perdre une photo.
La règle d'or : connaissez votre appareil. Y compris ses limites.
Que faire si vous avez plusieurs sources lumineuses de température différentes ? Par exemple dans des bureaux où l'éclairage est souvent allumé en permanence et se mêle à la lumière des fenêtres.
La température finale ne sera pas la moyenne des sources. Le sujet risque d'avoir une couleur différente selon l'angle et la source de lumière qui le frappe... une joue rose et une joue bleue. Plutôt disgracieux.
Il n'y a pas de solution idéale. Un flash, s'il est assez puissant, peut uniformiser
la lumière et éviter ou tout au moins limiter le problème.
Ce document s'attache à la température des sources lumineuses. Une dominante de couleur peut également être provoquée par une grande surface colorée proche du sujet. La lumière se réfléchit dessus et prend une vilaine dominante.
Ainsi si vous prenez une photo de quelqu'un appuyé sur un capot de voiture, le soleil se réfléchit sur la carrosserie et éclaire le visage en rouge, bleu, vert ou jaune, selon la teinte de la carrosserie.
Heureusement la solution est très simple : éloignez le sujet de la surface
réfléchissante.
Parfois on oublie de régler la balance de blancs. Un petit passage dans Photoshop (ou un autre logiciel de retouche d'image) permet alors, dans une certaine mesure, de récupérer la photo.
Notez qu'une correction dans Photoshop est souvent moins satisfaisante qu'un réglage correct de la balance de blancs. En particulier, les images peuvent devenir très bruyantes.
Il y a plusieurs outils pour corriger une dominante de couleur mais je préfère utiliser les niveaux.
Les niveaux règlent la sortie des différents canaux de couleurs : rouge, vert et bleu. Si l'image est teintée de rouge cela signifie que le canal rouge est surreprésenté par rapport aux deux autres canaux. A l'aide des niveaux, je diminue donc l'intensité du canal rouge (ou j'augmente celle des canaux vert et bleu, ce qui revient au même).
Les niveaux permettent des corrections fines des couleurs mais leur emploi mérite un article séparé
(voir les commentaires pour une réponse simplifiée).
Si votre appareil (semi-professionel ou professionnel) est capable de photographier en mode RAW, vous avez une arme supplémentaire pour contrer les dominantes de couleurs. En mode RAW, la balance de blancs est appliquée par l'ordinateur, lors de la conversion du RAW en JPEG ou TIFF, et non pas par l'appareil photo. En pratique, cela vous donne une seconde chance. Si vous avez mal évalué la balance de blancs lors de la prise de vue, vous pourrez toujours la corriger, sans perte de qualité, sur votre ordinateur lors de la conversion RAW.
L'idéal, en RAW, est d'ignorer la balance des blancs lors de la prise de vue (laissez toujours en automatique) et de photographier un référentiel neutre (e.g. une carte grise Kodak) en plus des photos de votre sujet. Commencez par ouvrir l'image de référence, utilisez la carte grise pour évaluer la balance des blancs, enregistrez le réglage et appliquez-le à toutes les autres photos de la série.
Vous aurez à reprendre une référence chaque fois que la température de couleur change. Le gros avantage
de cette technique c'est que vous pouvez prendre le référentiel avant ou après votre sujet ce qui diminue le risque
de rater une photo parce que vous réglez l'appareil. Il m'arrive de repasser dans la pièce plusieurs heures
après la prise de vue intéressante. Peu importe pourvu que la lumière soit restée stable.
Comme vous pouvez le constater, c'est facile d'éliminer les dominantes de couleurs avec un APN. Bonnes photos !
Ecoutez Declencheur, le podcast qui parle photos.
Décembre 2004 : Je reviens de voyage avec environ 400 photos à dominante bleue, DECEPTION. Je n'aurai jamais l'occasion de les refaire.
Mon APN était mal réglé (balance des blancs probablement). J'ai fait quelques essais avec photoshop, mais je suis tellement contrariée et peu experte, que je n'y arrive pas.
| Si les photos sont des JPEGs, il n'y a pas de solution miracle (si c'est du RAW, c'est différent). En JPEG, choississez une photo contenant un sujet de tonalité neutre (gris, idéalement) qui, bien entendu, sera bleuté dans votre photo. Dans Photoshop ajoutez un calque courbe (avec Photoshop Elements, utilisez le calque niveaux) et, avec la pipette médiane, cliquez sur la tonalité neutre. La courbe devrait neutraliser la tonalité bleu. Sauvez la courbe et appliquez-la sur toutes les autres photos. Sans être parfait, le résultat devrait être bien meilleur. |
Avril 2004 : Excellent !
Pourriez-vous également faire un topo sur la correction des niveaux avec Photoshop, notamment en l'illustrant de photos avant et après. La démo avec les deux premières photos est sur ce point très parlante... et pédagogique.
| Merci, je prépare une série d'articles sur les corrections dans Photoshop mais le sujet est vaste et il y a encore du travail. A bientôt. |
© 2004-2005, Benoît Marchal. Tous droits réservés.
| Accueil | XML et Java | Photographie | Livres US | Logiciel libre | Consultance | Contact | |