Les séries Netflix, construites pour le binge watching, avec une qualité de production léchée et de bons acteurs, commencent à ressembler à des méga-films ! Et ça change le rythme.

C'est la sortie de Umbrella Academy, peu de temps après De l'autre côté du vent qui, pour moi, a mis en lumière ce changement de rythme.

Un film d'action, et surtout un film de super-héros, c'est dense. Le réalisateur passe d'une scène d'action à une cascade avec juste le temps pour un peu d'auto-dérision. Tout va si vite que les personnages sont stéréotypés : lui c'est un gentil, lui c'est un méchant. Quelques scènes pour camper, rapidement, une personalité troublée (Batman, orphelin milliardaire) mais il faut bien vite revenir à l'action.

C'est d'autant plus vrai pour ces séries où les héros se multiplient comme The Avengers. Chaque personnage n'a droit qu'à quelques minutes en solo. Il faut rentabiliser la celluloïd.

Or, par moment, Umbrella Academy prend le rythme d'un film des années… 60 ? Outre l'intrigue principale, il y a assez peu de scènes d'action. Mais Steve Blackman s'attache à ses personnages, y compris les personnages secondaires. Cha-Cha, Hazel et Agnes prennent une place que l'on peine à imaginer dans les 2 heures d'un film Marvel ou DC Comics.

Certains critiques n'apprécient pas. "Pourquoi perdre du temps avec ces personnages ?" Selon moi, on retrouve le rythme langoureux du cinéma classique. Parce qu'ils sont sortis (presque) en même temps, je compare le rythme d'Umbrella Academy à De l'autre côté du vent, un film d'Orson Welles des années 70. Dans De l'autre côté du vent, peu de scènes d'action et beaucoup de temps avec les personnages secondaires.

C'est un risque parce que nous ne sommes plus habitués à ce rythme. Certaines séries Netflix se trainent vraiment en longueur (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) mais pour The Umbrella Academy je trouve que ça marche plutôt bien.