Si vous cherchez une piqûre de fantasy après la dernière saison de Game of Thrones, je vous conseille The Priory of the Orange Tree. Pour faire court, le prieuré c'est Game Of Thrones avec moins de sexe, plus de personnages féminins et de dragons.

Sans spoiler l'histoire : 1000 ans après que les wyvernes (dragons de feu) aient perdu la guerre, l'humanité vit en paix mais divisée. Deux clans s'opposent. A l'Ouest, on chasse indifféremment les wyvernes et les dragons; tandis qu'à l'Est, on vénère les dragons (d'eau). Hélas au fond de l'abysse, un ennemi que l'on croyait banni se réveille…

Samantha Shanon décrit le prieuré comme la ré-écriture féministe de la légende de St Georges tuant le dragon. Rassurez-vous, il n'y a pas de prosélytisme féministe, mais plutôt une histoire bien ficelée dans un monde où une femme ne surprend personne. On le note mais cela ne détourne jamais de l'histoire.

C'est un livre fusion, où les influences sont nombreuses de Tolkien à Games of Throne via Pullman, teinté par la mythologie chinoise. Mais Samantha Shannon ne copie pas, elle ré-interprète pour construire son propre univers, cohérent.

Avec 800 pages au compteur, The Priory of the Orange Tree s'inscrit dans la grande tradition de la fantasy Seigneur des Anneaux, c'est-à-dire avant que les éditeurs ne privilégient les suites pour des raisons purement commerciales (économiquement ça permet de vendre plus de livres). Pour ma part, j'apprécie le format long, "tout en un." L'auteur peut y prendre son temps sans les ruptures artificielles destinées à relancer les ventes.

Dernier atout, l'histoire est riche, le monde est touffu et les personnages nombreux, mais tout est suffisamment linéaire pour ce que j'appelle une lecture navetteur. J'ai deux heures de train par jour et la lecture dans le train est souvent décousue : entrée en gare, incident de parcours, etc. Il faut un livre passionnant mais suffisamment accessible pour le poser au milieu d'un chapitre et le reprendre toujours avec plaisir… un équilibre difficile.

J'ai acheté le livre lors d'une visite chez Foyles. Depuis que je suis passé au Kindle, je n'aime plus m'encombrer de livres papier mais j'aime pourtant ramener un… memento de Foyles. J'ai hésité devant la taille, peu pratique en train, mais j'ai craqué en trouvant en rayon le dernier exemplaire signé par l'auteur. Il ne faut parfois pas grand chose.

Le livre n'est pas (encore ?) traduit en français, et encore moins adapté pour le binge watching par Netflix mais je suis convaincu que l'un et l'autre ne devrait pas tarder. En attendant si vous lisez l'anglais, foncez vous ne le regretterez pas.